Un nouveau chapitre commence pour Matvision. Cette spin-off de l’ULiège, qui commercialise des solutions de tri intelligentes pour extraire de la valeur à partir de déchets, vient d’intégrer le prestigieux programme d’accélération d’imec.istart. C’est donc depuis le hub wallon de l’accélérateur, situé à La Grand Poste, que la spin-off va désormais poursuivre sa croissance. Rencontre avec Robert Baudinet, son CEO.
Convertir les déchets industriels en véritables ressources, c’est la mission de Matvision. Pour répondre à cette problématique, la spin-off commercialise une solution innovante de tri de déchets. Cette technologie, développée par Robert Baudinet (CEO) et son équipe dans le cadre d’un projet de recherche du GeMMe (Georesources, Mineral Engineering and Extractive Matallurgy), laboratoire de l’ULiège, combine des capteurs high-tech, de l’intelligence artificielle et de la robotique pour séparer les déchets industriels de manière optimale. « Faire du recyclage de déchets consiste avant tout à séparer des déchets. En permettant aux recycleurs de trier un mélange de déchets et d’isoler chaque famille de matériaux individuellement, Matvision facilite la réutilisation de ces matériaux comme matières premières dans l’industrie », explique Robert Baudinet. Une approche qui permet non seulement de maximiser le recyclage, mais aussi de répondre aux besoins spécifiques des industriels du recyclage et des producteurs souhaitant intégrer davantage de matières recyclées dans leurs flux de production.
La solution développée par Matvision répond à un réel besoin du marché. « Comme chaque cas est différent, nous avons constaté qu’il n’existait pas de machine ‘sur étagère’ pour traiter les déchets industriels », avance Robert. L’équipe de Matvision a donc développé une solution qui s’adapte et se configure selon les besoins du client et les cas d’application. Cette technologie, développée d’abord dans un laboratoire universitaire, a ensuite été validée en conditions industrielles via un démonstrateur intégré par CILYX et installé chez le Groupe Comet, à Mons, qui fonctionne 24h/24 depuis 2023. « Maintenant que la technologie du prototype a été validée, il est temps pour nous de la commercialiser et de la fournir partout dans le monde », ambitionne le CEO de Matvision. Pour atteindre ses objectifs, Robert Baudinet peut s’appuyer sur Godefroid Dislaire (CTO), Thibault Mohring (COO) et David Bastin (CSO), les trois autres fondateurs de Matvision. Ce dernier, chercheur à l’ULiège, assure un lien fort entre Matvision et l’université : un atout considérable pour la spin-off. « De cette manière, nous restons directement connectés avec un laboratoire de recherche et son réseau international, ce qui nous permet d’avoir des contacts en dehors de nos frontières mais aussi de rester à l’affut des nouvelles technologies dans le secteur du tri. De plus, le laboratoire représente également un vivier de talents qui pourraient potentiellement rejoindre l’équipe Matvision par la suite », détaille Robert.
Déjà bien intégrée dans l’écosystème local, Matvision veut aujourd’hui s’orienter rapidement vers l’international pour toucher un marché plus large. C’est l’une des raisons qui a poussé Robert et son équipe à postuler pour le programme imec.istart, élu meilleur accélérateur au monde. « On savait qu’imec.istart, de par sa portée mondiale, nous permettrait d’être plus facilement introduit à l’international », explique Robert. Le réseau et la réputation d’imec.istart offrent en effet une opportunité unique de se connecter avec des partenaires et des clients potentiels à l’échelle mondiale. Une occasion que n’a pas manqué de saisir Matvision.
Au-delà du potentiel de croissance à l’international, d’autres raisons stratégiques ont motivé l’équipe de Matvision à rejoindre imec.istart, comme le financement offert par le programme ou encore la crédibilité qui lui est conférée. « Le critère du financement était intéressant pour nous mais, au-delà de cet apport de 100k€, on savait que le fait d’être labelisé imec.istart allait nous permettre d’être plus légitime aux yeux des investisseurs et donc de lever potentiellement plus de fonds par la suite ». En effet, les contraintes et les exigences du programme garantissent une rigueur et une transparence qui rassurent les investisseurs et témoignent de la qualité de la gestion et du développement des startups accompagnées par imec.istart.
Cela fait aujourd’hui trois mois que Matvision bénéficie de l’accompagnement structuré et de la visibilité accrue que lui procure le programme. « Le niveau est super haut. Notre Venture Acceleration Manager nous challenge énormément, notamment sur le volet commercial », souligne Robert. Pour la spin-off, un des avantages du programme est l’accès au coworking de La Grand Poste qui offre un environnement propice à l’innovation et au réseautage mais aussi un accès facilité à des investisseurs potentiels et des partenaires stratégiques. « À chaque fois qu’on vient à La Grand Poste, on discute avec de nouvelles personnes qui rencontrent des problématiques similaires aux nôtres, ce qui crée des échanges très enrichissants. Le fait d’être dans un écosystème comme celui de La Grand Poste permet d’être en contact avec des gens qui ont envie de t’aider pour ton projet et qui te mettent ensuite en contact avec d’autres personnes. Les événements, afterworks et toutes les occasions de networker à La Grand Poste permettent d’ouvrir de nouveaux horizons », témoigne le CEO de Matvision.
Après une première phase de pre-seed, Matvision prépare sa première levée de fonds et souhaite dépasser le million d’euros levé. Un investissement qui permettra à la spin-off de poursuivre sa croissance, de recruter de nouveaux talents et d’attaquer le marché international, en commençant par la France, l’Italie ou encore l’Allemagne. Une étape-clé qui s’inscrit dans un contexte européen favorable au développement solutions de tri, qui permettent notamment de récupérer des matières premières critiques et de garantir ainsi un certain niveau d’indépendance de l’UE vis-à-vis de ces ressources. « Grâce à la machine qu’on a conçue, les recycleurs sont passés de producteurs de déchets à producteurs de matières premières pour l’industrie locale. Il y a un vrai changement de paradigme », explique Robert.
Ce multi-capteurs robotisé que commercialise Matvision et qui peut trier plusieurs familles de matériaux en même temps promet donc de positionner la Wallonie sur le marché international du recyclage des déchets. Toute l’équipe de La Grand Poste est ravie d’accueillir l’équipe de Matvision et se réjouit d’avance de son évolution et ses succès futurs. Bienvenue à toute la team !
Vous êtes un professionnel du recyclage ou de l’industrie circulaire ? Prenez contact avec l’équipe de Matvision et découvrez comment la spin-off révolutionne le tri des matériaux grâce à ses solutions robotisées et intelligentes.